| Mohamadou Ndoye, sorti major de l'Ecole des beaux-arts de Dakar en 1999 est un jeune artiste qui s'inscrit dans un courant artistique sénégalais, où l'artiste prend la ville et ce qu'elle secrète comme source d'inspiration. Son sujet de prédilection est le quartier populaire pour son désordre architectural, son mouvement, ses couleurs contrastées.
En effet, un tel sujet permet à l'artiste plusieurs orientations: le désordre qui permet de travailler sur des plans de mur accumulés comme un jeu de construction, cherchant à traduire le déséquilibre omniprésent de ce genre d'endroit. Les matières: pierre, brique, tôle ondulée, carton, papier, sont autant de matériaux à exploiter tant dans la réflexion de la lumière que dans la texture. Et puis les couleurs, les wax bigarrés, les draps blancs qui flottent au vent, les murs gris, les lambeaux de publicité colorée contrastent sous la lumière crue.
De tous ces éléments, Ndoye crée une oeuvre lyrique et poétique. Il choisit de mettre de côté la rudesse de la vie quotidienne pour recréer à partir d'éléments géométriques qui semblent flotter dans de vastes espaces monochromes, de nouvelles identités architecturales. Poussant encore plus loin sa recherche esthétique il introduit peu à peu des éléments graphiques comme les antennes télé ou des chiffres graffités sur un mur. Mais sans que cet aspect graphique ne nuise à la lecture principalement coloriste que l'on fait de son oeuvre. Cette couleur qui émane du spport qu'il soit en carton beige ou en fine toile, prend possession de la surface, écrase les reliefs ou en souligne les détails. Pour en faire ressortir la force Ndoye travaille généralement à partir d'une dominante: rouge, bleu-violet, ocre, gris. En jouant sur les textures, il exploite avec adresse et finesse la matité du pastel ou l'éclat de l'acrylique. Ainsi d'un désordre architectural dérangeant, il crée un monde plastique et coloré qui nous laisse rêveur et nous permet de voir autrement ces quartiers populaires.
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